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Rapport scientifique et technique

Impact de la crue de juin 2016 sur l’estuaire de la Seine

Publication 2017

En juin 2016, la Seine a connu une crue exceptionnelle pour la saison. Un pic à 2080 m3/s a été atteint le samedi 4 juin (débit comparable à la crue de mars 2001 où les débits avaient atteint 2100 m3/s). Ce pic de crue a été concomitant avec des fortes marées (coefficient de marée de 103 le 6 juin). Les conditions météorologiques n’ont pas présenté de configurations favorables à une surcote ou à une décote.

Les niveaux d’eau atteints entre Poses et Oissel sont les plus significatifs, avec une période de retour estimée entre 5 et 10 ans et de nombreux débordements observés. Ces niveaux d’eau sont ensuite décroissants en allant vers la mer, avec des niveaux de période de retour annuelle à Rouen et des niveaux inférieurs à ceux atteints lors des grandes marées en aval de Duclair.

Durant cet événement, le réseau de suivi en continu de l’estuaire SYNAPSES a permis d’observer le décalage vers l’aval du bouchon vaseux et du gradient de salinité. Des dessalures ont également été observées en baie de Seine par la bouée SMILE. Du fait d’un apport accentué en matière organique, les teneurs en oxygène ont été réduites de 1à 2 mg/l dans la Seine, mais sont restées compatibles avec la vie aquatique. Aucun enrichissement particulier en phosphore ou en azote n’a été mesuré. Pour les métaux et les HAP, quelques hausses de concentrations ont été détectées, les valeurs restant toutefois dans la gamme habituelle. Pour les substances pharmaceutiques, a été observée une hausse des concentrations en paracétamol pouvant être associée à des rejets d’effluents non ou peu traités. De même, quelques pics de substances actives : herbicides, fongicides ou insecticides sont à relier aux ruissellements sur les zones de cultures utilisant ces substances. Les substances des autres familles de contaminants organiques n’ont pas été détectées, ou à des concentrations proches des limites de détection. Aucune contamination microbiologique associée à l’évènement n’a été mise en évidence par les données de suivi.

Au final, la crue de juin 2016 a eu un impact très limité sur la qualité des eaux de l’estuaire de la Seine, avec des variations observées des paramètres de qualité des eaux conformes à ce qui pouvait être attendu. L’intensité de ces variations a été moindre que ce qui pouvait être craint, témoignant de l’amélioration générale de la qualité des eaux.

Référence bibliographique ​​

Fisson C., 2017. Impact de la crue de juin 2016 sur l’estuaire de la Seine. Rapport réalisé par le GIP Seine-Aval, 36p.

GIP Seine-Aval, 2022. CAPNORD : Caractérisation des évolutions hydro-morpho-sédimentaires et écologiques du secteur de la fosse Nord depuis la construction de Port 2000. 55 pp.

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