Le projet CAFEZH vise à améliorer la connaissance et la spatialisation des fonctions écologiques des zones humides de la vallée estuarienne de la Seine. Dans un contexte où ces milieux jouent un rôle essentiel dans la régulation des cycles biogéochimiques, le projet répond à un manque de connaissances encore marqué à l’échelle de l’estuaireZone aval d’un fleuve, sous l’influence de la marée. Pour la Seine, l’estuaire s’étend sur 170km, du barrages de Poses à la baie de Seine. C’est également un lieu de rencontre entre les eaux douces venant du bassin versant et les eaux salées arrivant de la mer, à la base de la richesse écologique du milieu. More.
Pour y répondre, le projet s’appuie sur trois objectifs principaux : (i) délimiter et caractériser les zones humides à échelle fine, (ii) analyser les dynamiques intra- et interannuelles de la végétation et de l’hydrologieScience qui étudie les propriétés physiques, mécaniques et chimiques des eaux continentales et marines. More, et (iii) évaluer et cartographier les fonctions biogéochimiques, notamment le stockage de carbone et la dénitrification.
L’approche utilisée a combiné des données de télédétection multi-sources (Sentinel, SPOT, LiDAR) et des observations de terrain. Les fonctions écologiques ont été évaluées à partir d’indicateurs dérivés de ces données (occupation du sol, NDVI-I, fréquence d’inondationSubmersion d’un terrain. En milieu estuarien, elle peuvent avoir plusieurs causes : débordement d’un cours d’eau, submersion marine, remontée de nappe. More, modes de gestion des prairies, indices de trophie et humidité, etc.), intégrés dans une analyse multicritère et pondéré par un panel d’experts. Un travail spécifique de calibration et de validation a été mené grâce à des campagnes de terrain portant sur la végétation et les paramètres biogéochimiques.
L’analyse a été conduite sur deux années contrastées (2022 et 2023) afin de prendre en compte la variabilité temporelle des processus. Les résultats comprennent un ensemble de données et de cartographies mises à disposition en open data : relevés de terrain, variables issues de la télédétection, indicateurs et cartes d’intensité des fonctions. Ces productions constituent un appui opérationnel pour le suivi écologique, la planification territoriale et l’identification de secteurs à forts enjeux de gestion, tout en permettant de mieux comprendre l’influence des pratiques et des conditions environnementales sur le fonctionnement des milieux.
Porté par un consortium pluridisciplinaire, le projet ouvre des perspectives importantes, tant méthodologiques (intégration de l’intelligence artificielle, développement d’indicateurs large échelle, exploitation de séries temporelles à haute résolution) que thématiques, en appui à la gestion et à la restauration des zones humides estuariennes.