Photo - Prélèvement poisson (S. Duhamel - CSLN)

CApacité trophique des nourriceries de Poissons de l'estuaire de Seine

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Photo - Prélèvement poisson (S. Duhamel - CSLN)

Portage : GIP Seine-Aval

Coordination scientifique : Anik Brind’Amour (Ifremer)

Période : 2017-2020

Financement : GIP Seine-Aval

Labellisation : Programme Seine-Aval 6

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Le projet CAPES visait à répondre aux questionnements des gestionnaires sur « l’Influence de la disponibilité et de la qualité des habitats sur les dynamiques des populations des espèces aquatiques». Les connaissances acquises lors du projet ont permis de décrire les secteurs et les périodes « clé » pour la fonction de nourricerie des juvéniles de quatre espèces de poissons marins d’intérêt halieutique. Elles ont aussi permis d’estimer la qualité trophique des différents secteurs de l’estuaire externe de la Seine et d’en dégager des éléments sur son fonctionnement saisonnier.

Les résultats soulignent une première différence marquée entre les poissons plats (sole et plie) et les poissons ronds (bar et merlan). Les poissons plats se nourrissent localement sur des proies disponibles principalement dans l’habitat dans lequel ils étaient capturés, suggérant un comportement alimentaire nécessitant peu d’énergie pour se déplacer. Pour les poissons ronds, le bar est concentré dans les habitats en amont, les vasières intertidales représentant près de la moitié de son régime alimentaire. Le merlan a une stratégie d’alimentation ubiquiste, suggérant qu’il peut cibler les proies présentant un fort gain énergétique dans les différents habitats.

La contribution de l’habitat vasières intertidales à l’alimentation des juvéniles a été estimée à près de la moitié de l’alimentation printanière des juvéniles de soles et de bars pour les individus situés dans les habitats proches des vasières. La forte production benthique de ces milieux subit une très forte pression (évaluée par l’indicateur Efficacité d’Exploitation (EE)) par les juvéniles G0. On estime que 85% de la production totale de la communauté de macrofaune benthique des vasières est consommée par les juvéniles à l’automne 2017. Sachant que d’autres prédateurs consomment potentiellement ces ressources, il est fort probable qu’à cette saison, l’intégralité de la production de macrofaune de cet habitat soit consommée et que la capacité maximale trophique soit atteinte. Cet habitat de petite surface joue donc un rôle primordial dans la capacité trophique de la nourricerie de Seine.

Parmi les habitats subtidaux, l’embouchure soutient également de fortes productions de proies, une forte consommation des juvéniles de poissons. Ce secteur montre de faibles valeurs de EE c’est-à-dire que la production de proies supporte largement la consommation des juvéniles, lui conférant également un rôle trophique de tout premier ordre. Cet habitat a la particularité d’être très vaste comparé aux autres, tout en restant productif. Les fosses nord et sud sont moins productives que les vasières et l’embouchure.

Le projet CAPES a permis d’identifier l’automne comme saison à laquelle la limitation trophique semble agir. A cette saison, une combinaison de perte de poids, de mortalité et de diminution des ressources alimentaires entraîne une baisse de la production d’invertébrés benthiques. Les arrivées successives des différentes cohortes de juvéniles d’espèces de poissons nourriceries-dépendantes au cours de l’été, combinées à leur forte croissance (et donc à l’augmentation de leurs besoins énergétiques) présentent de fortes pressions sur les ressources alimentaires à l’automne. Ces processus viendraient expliquer les fortes valeurs d’EE suggérant ainsi une limitation trophique sur certains secteurs de l’estuaire externe de la Seine.

Les conclusions du projet CAPES sont basées sur une seule année avec un débit fluvial inhabituellement faible. Il est toutefois admis que le débit fluvial influence les réseaux trophiques estuariens et côtiers et l’utilisation de l’habitat par les poissons juvéniles. Une fréquence accrue de forts étiages estivaux peut-être attendue dans le contexte du changement climatique. Nous pourrions donc nous attendre à ce que la tendance observée en 2017 se répète dans les années à venir.

Rapport  disponible prochainement

Responsables scientifiques des équipes impliquées

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Anik Brind’Amour

Ifremer
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Jean-Claude Dauvin

UMR CNRS 6143 M2C, Université de Caen Basse Normandie
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Sylvain Duhamel

Cellule de Suivi du Littoral Normand