Photo - Roselière Oissel (C. Fisson, GIp Seine-Aval)

Colonisation et utilisation des habitats estuariens par les poissons migrateurs thalassotoques : approche comparative Seine-Gironde

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Photo - Roselière Oissel (C. Fisson, GIp Seine-Aval)

Portage : GIP Seine-Aval

Coordination scientifique : Eric Rochard (IRSTEA)

Période : 2008-2010

Financement : GIP Seine-Aval

Labellisation : Programme Seine-Aval 4

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Le projet THALASSOTOK se proposait de comparer de quelles manières les trois espèces de poissons migrateurs fréquentant la façade Atlantique : le mulet porc, l’anguille européenne et le flet, colonisent les estuaires de la Seine et de la Gironde et effectue leur croissance. L’hypothèse principale était que leur comportement pouvait être influencé par le niveau de contamination et de pressions anthropiques des estuaires. La démarche retenue pour aborder ces différentes échelles de manière comparative (entre les espèces et entre deux sites situées de manière similaire en Seine et en Gironde) a consisté à examiner : i) la phase de colonisation initiale à un stade très jeune par une approche expérimentale en mésocosme ; ii) la phase de croissance par un suivi en télémétrie acoustique en période estivale ; ii) l’ensemble du cycle vital par une analyse rétrospective à l’aide de la microchimie des otolithes des différents compartiments halins utilisés.

Les trois niveaux d’analyse effectués avec des méthodes différentes permettent de dégager des patrons spécifiques (colonisation initiale, phase de croissance, cycle de vie) mais les différences entre les sites ne sont vraiment claires qu’à l’échelle très globale de l’utilisation des différents compartiments. Contrairement à l’hypothèse de départ, les jeunes migrateurs thalassotoques parviennent à adopter un comportement spécifique en phase avec un rythme de type circadotidal ou nycthéméral y compris dans une ambiance de type Seine (très chargée en contaminants). La fonctionnalité de corridor écologique ne semble donc pas empêchée par la contamination des sédiments. Durant leur phase de croissance en zone tidale d’eau douce les espèces étudiées utilisent des habitats différents selon des patrons temporels spécifiques. Les résultats obtenus sur la Seine sont cohérents avec ceux obtenus sur la Gironde, ainsi dans les deux cas les flets recherchent des zones fraiches (ombre en Gironde, embouchures d’affluents plus frais en Seine), les anguilles présentent une activité principalement nocturne.

Il en ressort globalement que les habitats dulcaquicoles de la Seine (trés diversifiés : bathymétrie, substrat, ripisylve…) sont proportionnellement plus utilisés par les espèces thalassotoques que ceux de Gironde. Cela peut s’expliquer par une moindre attractivité (ou une moindre capacité d’accueil) de l’estuaire saumâtre de la Seine ou au contraire par une plus grande attractivité (ou une plus grande capacité d’accueil) de l’estuaire Dulçaquicole de la Seine.

Les comportements mis en évidence sur ces secteurs pourraient servir de référence pour des opérations de restauration.

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Référence bibliographique : Rochard E. (coord.), Le Pichon C., Budzinski H., Cachot J., Duhamel S., 2012. Projet THALASSOTOK : Colonisation et utilisation des habitats estuariens par les poissons migrateurs thalassotoques. Approche comparative Seine-Gironde. Projet Seine-Aval 4, 117p.

Responsables scientifiques des équipes impliquées

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Hélène Budzinski

UMR CNRS 5805 EPOC, Université de Bordeaux
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Jérôme Cachot

UMR CNRS 5805 EPOC - OASU, Université de Bordeaux
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Sylvain Duhamel

Cellule de Suivi du Littoral Normand
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Céline Le Pichon

IRSTEA, HBAN
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Eric Rochard

IRSTEA, EABX